La première gingivite expérimentale chez l'homme a 50 ans

Ce que l'on savait

En 1965, plusieurs études épidémiologiques ont déjà montré une corrélation entre destruction de l'ancrage des dents et "débris oraux".

 

Des protocoles expérimentaux ont pu observer que l'accumulation de ces débris conduisait à une inflammation de la gencive.

 

D'autres montraient que l'élimination de ces débris conduisait à la disparition de l'inflammation gingivale.

 

On savait aussi que la différence entre la flore bactérienne d'un parodonte sain et celle d'une gencive inflammatoire était principalement quantitative, bien que des différences qualitatives minimes aient pu être observées.

 

L'étude qui suit, est sans doute l'une des plus souvent citées. A l'époque, elle n'apportait sans doute pas beaucoup d'informations nouvelles, mais elle avait le mérite de toutes les synthétiser en une seule expérience.


Protocole de l'étude

Douze personnes furent intégrées dans ce protocole.

 

Il était alors demandé à ces participants de cesser toute mesure d'hygiène orale.

 

Pour chaque sujet, lorsque l'inflammation gingivale apparut, l'hygiène orale fut restaurée.

 

L'étude s'achevait lorsque la gencive retrouvait un aspect normal.

 

Une analyse au microscope était réalisée au cours de l'étude, classant les bactéries selon leur forme.

Résultats

Pendant la période sans hygiène orale, la quantité de plaque dentaire augmenta. Puis, lorsque l'hygiène orale reprit selon les instructions données, la quantité de plaque dentaire redescendit rapidement à un niveau inférieur à celui qu'elle avait au début de l'étude. Aucune formation de tartre ne fût observée.

 

Tous les participants à l'étude développèrent une gingivite pendant la période sans hygiène orale. Pour trois d'entre eux, celle-ci apparût au bout de 10 jours, tandis que pour les autres, 15 à 22 jours furent nécessaires. Après reprise de l'hygiène orale, l'inflammation gingivale se résorba sous 10 jours.

Gingivite expérimentale chez l'homme

D'un point de vue microbien, trois phases purent être décrites.

 

La première, qui commença dès l'arrêt de l'hygiène orale, fût marquée par une augmentation importante des bactéries de forme ronde (cocci).

 

La seconde débuta deux à quatre jours après l'arrêt de l'hygiène orale et se traduisit par une prédominance de bactéries de formes allongées (filaments et bâtonnets), tout en conservant une grande quantité de cocci.

 

La troisième phase apparût entre six et dix jours après l'arrêt de l'hygiène orale et se caractérisait par la présence de bactéries qui se déplaçaient plus ou moins rapidement (vibrios et spirochètes).

 

Après la reprise de l'hygiène et une fois l'inflammation gingivale résorbée, les vibrios et spirochètes ne furent plus observés dans un seul prélèvement et, chez la plupart des sujets, les filaments et bâtonnets non plus.


Conclusion

Cette étude montre ainsi clairement le lien entre l'accumulation de plaque dentaire et l’inflammation gingivale.

 

Il en ressort aussi, et c'est fondamental, que la flore bactérienne parodontale se diversifie avant même que l'inflammation gingivale ne soit observée, ce qui suppose que les bactéries sont sans doute à l'origine de cette inflammation.

 

Enfin, il est clairement mis en évidence, qu'une bonne hygiène orale participe sans équivoque à la disparition de l'inflammation gingivale.


Références bibliographiques

Experimental gingivitis in man. Löe H, Theilade E, Jensen SB. J Periodontol. 1965 May-Jun;36:177-87.