ParoSphère, Association loi 1901, Paris, France

Conférence sur le thème :

Toxicomanie et santé parodontale

Responsable : Docteur Morgan Lowenstein

 

Parodonte et addictions

Les consommations de drogues illicites, d’alcool et de tabac sont le reflet d’une société, de ses rituels ou de ses maux. Les comportements en termes de toxicomanie ne cessent d’évoluer et ont des répercussions sur les pathologies bucco-dentaires. De nombreuses manifestations dentaires et parodontales ont été décrites et doivent aujourd’hui être prises en compte dans le diagnostic, le traitement et la prise en charge des patients. Cette présentation aborde donc, substance par substance, les effets de ces produits sur la santé du parodonte.

Le cannabis est la substance illicite la plus consommée dans le monde. Son usage, souvent chronique, concerne des centaines de millions de personnes, avec un pic de prédilection pour la population des 15-25 ans. La France compte en 2006 plus de 1,2 million de consommateurs réguliers [1]. La consommation excessive de cannabis peut entraîner des problèmes parodontaux : des hyperplasies gingivales, des gingivites, voire des maladies parodontales plus sévères [2]. Plusieurs étiologies sont évoquées, dont la principale est la xérostomie (sécheresse buccale). La prise en compte de ce facteur de risque, aujourd’hui encore absent du questionnaire médical, est pourtant indispensable au traitement. De plus, le cannabis est fréquemment mélangé au tabac, facteur de risque clairement associé aux maladies parodontales.

La consommation des drogues dites « dures » est également en constante augmentation [1]. Aujourd’hui, plus de 2,5 millions de personnes en France en ont consommé au moins une fois. Nous sommes classés au troisième rang des pays européens en termes de consommation de ces substances. La cocaïne, l’héroïne et les drogues de synthèse (ecstasy, LSD) sont à prendre en compte dans l’analyse des différentes étiologies des lésions buccales et parodontales. L’identification de ces facteurs de risque permettra au chirurgien-dentiste de relier des manifestations buccales (lacérations gingivales, saignements spontanés, saignements postchirurgicaux, gingivites ulcéro-nécrotiques, stomatites…) [3] à des comportements addictifs afin d’informer le patient, de mener sa thérapeutique et de prévenir les diverses complications.

L’apparition et le développement des traitements de substitution en France, depuis 1994, ont permis de diminuer la consommation d’héroïne [1]. Cependant, les conséquences buccales de la prise régulière de Méthadone® ou de Subutex® sont à connaître, car elles modifient les traitements proposés, l’acte chirurgical et le suivi postopératoire.
Une prise en charge spécifique ainsi qu’une prévention adaptée sont à définir dans le cadre de l’odontologie. Le chirurgien-dentiste se doit de prendre en compte ces facteurs de risque afin de mieux définir les facteurs environnementaux intervenant sur la santé bucco-dentaire.

Durée : de 1 heure à 4 heures.

 

Références bibliographiques

  1. Drogues et dépendance : le livre d’information. Édition INPES, avril 2006.
  2. Darling MR, Arendorf TM. Review of the effects of cannabis smoking on oral health. Int Dent J. 1992;42(1):19-22.
  3. Lee CY, Mohammadi H, Dixon RA. Medical and dental implications of cocaine abuse. J Oral Maxillofac Surg. 1991;49(3):290-3.

Prix

  • Lowenstein M, Duffau F.*, Baehni P, Giovannoli JL. Consommation de cannabis et maladies parodontales – Revue de la littérature. Congrès international de la SFPIO. La Grande Motte, le 7 juin 2008. Premier prix session communication des internes, diplômés universitaires, assistants (Prix Gaba).

Dernière mise à jour : le 20 décembre 2009

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L'information diffusée sur le site ParoSphère est destinée à encourager, et non à remplacer, les relations existantes entre patient et chirurgien dentiste.

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